Les sites Web sont morts, vive les pages Facebook

Dernière mise à jour : 04/06/2014

Facebook a développé une offre de pages web, les ‘pages Facebook’. Ces pages sont accessibles à tous ceux qui ont une activité à promouvoir, particuliers comme entreprises. Les pages Facebook se développent à un point tel que même certains commerçants au fin fond de la province y font leur promotion. Sous un titre d’article un rien provocateur, je me suis livré à une analyse détaillée à laquelle je vous convie à réagir.

Exemple d'affiche pour page Facebook

La vitrine de la boulangerie Galibert à Alvignac dans le Lot – la page Facebook

Le Constat

Facebook occupe désormais une place prépondérante dans l’univers du web social qui fait notre quotidien. Avec un développement tel que le réseau touche près de 24 millions d’utilisateurs en France (voir la source). Quelques rachats comme celui d’Instagram (lire mon analyse détaillée) devraient aider au développement du réseau dans les années à venir. Facebook est devenu le leader incontesté du web social.

Facebook devient également une plateforme de publication B2C qui permet aux entreprises de communiquer auprès de leurs clients. Si le modèle du f-commerce n’est pas encore parfaitement consolidé, il me semble évident que Facebook prend le pas petit à petit sur les sites web traditionnels, venant menacer également les sites 2.0 plus interactifs. Facebook propose en effet une gestion de pages simples à créer et entretenir qui commencent à séduire tous ceux qui n’ont pas les moyens de disposer d’un site traditionnel.

J’ai eu l’occasion récemment de vérifier cela sur le terrain, bien loin de Paris dans un de nos coins de Province qui a su garder son charme. Les commerces y sont plus rares que dans les villes (c’est peu dire), la fréquentation moindre également, le besoin de communication plus important si le commerçant veut développer son activité. Il y a peu encore, le réflexe presque naturel pour ces acteurs locaux était de penser site web, sans nécessairement réaliser ce que cela représente comme investissement et formation. Certaines sociétés de service se sont d’ailleurs emparées de ce marché. Elles proposent des sites simples, faisant bon effet, laissant augurer à l’entreprise une nouvelle ère en matière de communication. La réalité est souvent toute autre d’ailleurs.

Les sites développés pour les TPE/PME/PMI, c’est un peu la loterie. Si certaines sociétés sont très sérieuses et assurent une présence web pertinente, l’inverse est également vrai. Référencement inexistant ou déficient, manque de compétences pour gérer le site au quotidien, manque de savoir-faire web, nombreux sont ces petits sites qui se trouvent être une charge sans pour autant jouer leur rôle initial.

Logo Facebook

L’évolution constatée

En réaction à cette situation, il apparaît que la popularité grandissante des réseaux sociaux est un atout pour les entreprises citées ci-dessus. Les pages Facebook commencent à prendre la place des sites traditionnels, et apportent à leurs créateurs une souplesse inégalée.

J’ai eu l’occasion d’interroger récemment un des commerçants ayant affiché le panonceau « Retrouvez nous sur Facebook » devant son comptoir. Voici quelques arguments cités qui corroborent ma thèse sur la disparition programmée des sites traditionnels.

Les inconvénients d’un site web pour une TPE

Parmi les inconvénient cités, arrive en premier lieu le coût de réalisation d’un site web. Par opposition, Facebook est gratuit. Et j’ajouterais que les frais de maintenance sont bien souvent oubliés par le client, ce qui ne fait que rajouter à l’intérêt d’une page gratuite.

Deuxième inconvénient cité, le nécessaire besoin de mise à jour du site web : il faut une formation, une certaine facilité à comprendre l’environnement web, une interface d’administration suffisamment simple pour être utilisée par un novice. Peu de sites classiques proposent ces facilités, même l’interface WordPress peut sembler complexe au novice. La question du coût abordable pour une TPE ou pas est un autre vrai problème. Facebook, à l’inverse, est connu de tous, simple à appréhender, simple à mettre à jour.

Troisième problématique relevée, le fait de faire connaître son site. Disposer d’un site clé en main est une chose, faire en sorte qu’il soit vu, connu, partagé, référencé en est une autre. Les commerçants et entrepreneurs ne sont plus dupes, ils en veulent pour leur argent et réclament de la visibilité. Or référencement et SEO coûtent cher. Facebook est viral par nature, social, bien référencé. La facilité avec laquelle on peut partager les informations, faire connaître une page ou un compte et jouer sur l’effet viral est indéniable.

Facebook Magasin Images de marque

Une évolution en faveur de Facebook et des réseaux sociaux

On peut légitimement penser que l’évolution est en marche : les sites traditionnels vont petit à petit disparaître. Les pages Facebook, ou pages de tout autre réseau capable de proposer les mêmes fonctionnalités, vont venir occuper le terrain et satisfaire au besoin des intéressés.

Il y a là une vraie problématique de positionnement pour les sociétés de service qui se sont fait une spécialité de ces sites low-cost. Elles devront apprendre à proposer autre chose, un subtile mélange de pages sociales prêtes à l’emploi avec une gestion de type Community Management à la carte.

Comment développer sa présence sur le web à l’aide de Facebook ?

J’ai choisi de développer ce paragraphe car j’ai pu constater quelques erreurs commises par certains, et même si elles ne sont pas préjudiciables à ce point, il est bon de connaître quelques fondamentaux d’une présence réussie sur Facebook lorsqu’on est une TPE, un commerçant ou une entreprise de taille moyenne

Compte perso ou page Facebook ?

Sans aucune hésitation, il faut faire le choix de la page. Le compte est réservé aux publications d’ordre privé, et s’il fallait mettre en avant quelques différences, je citerais celles-ci :

  • accès au contenu de la page possible sans ‘aimer’ la page nécessairement,
  • limitation du nombre d’amis à 5000 sur un compte, pas de limite sur une page,
  • publication sur la page au nom de la page, et pas en votre nom personnel (pratique si plusieurs personnes publient sur une même page),
  • les pages proposent des statistiques que ne proposent pas les comptes,
  • les pages peuvent bénéficier d’opérations de promotion par publicités, pas les comptes,
  • les pages peuvent se voir ajouter des applications (par exemple sondages, mailing, etc.),
  • enfin (et surtout) le référencement des pages est assez performant alors que celui des comptes ne l’est pas (ce n’est pas le but non plus).

Cette liste n’est pas limitative et nombre d’articles très bien faits vous permettront d’avoir tous les conseils nécessaires pour créer votre page. Je vous recommande la lecture de l’article d’Isabelle Mathieu « Comment créer une page Facebook en 8 étapes » sur le blog emarketinglicious.fr, c’est une mine d’or.

Sachez également que si vous avez déjà créé un profil pour votre entreprise et que vous souhaitez le convertir en page après avoir lu cet article, Facebook met à votre disposition un outil de migration.

Exemple de statistiques pour pages Facebook

Comment faire connaître votre page Facebook

Créer une page ne suffit pas. Il vous faut la faire connaître. Considérez cette page comme un outil de communication : vous passez des annonces, vous envoyez des mails, vous affichez des promos ? Faites de même sur votre page. Pensez à illustrer la page avec la photo des produits que vous diffusez, donnez du contenu à vos visiteurs. Pensez également à la petite affichette sur votre comptoir, de même que sur la vitrine (pour les jours de fermeture !).

Indiquez l’adresse de votre page sur toutes vos communications écrites (prospectus, emails) en prenant soin d’utiliser une adresse au nom de votre entreprise. Si ce n’est pas le cas pour une de vos pages existantes, changez vite l’URL à l’aide de cet outil Facebook.

Qu’en pensez-vous ?

Vous êtes professionnel du web, utilisateur, webmaster, commerçant, quel que soit votre profil vous avez un avis ou un retour d’expérience. Je vous propose de le présenter ci-dessous afin que nous puissions débattre. je suis très curieux d’avoir vos avis !

12 Commentaires sur "Les sites Web sont morts, vive les pages Facebook"

  1. Il me semble surtout que chaque « media » a besoin de l’autre : une page Facebook amènera du trafic sur un site mais un site sera toujours plus complet qu’une page….. Je ne crois pas qu’aujourd’hui l’un puisse aller sans l’autre…

    • Merci pour cet avis, l’article se voulant un brin provocateur bien évidemment 🙂 je reste persuadé qu’avoir un chez soi, le site, est primordial pour rester propriétaire de ses contenus. La page Facebook est un bon moyen de fédérer une communauté dont une petite partie va lire le site. Charge à celui qui gère le site de capter cette audience pour la fidéliser. La liste mail est un bon moyen. Je préfère le voir comme ça que sous le seul angle « apport de trafic » qui n’est pas négligeable pour autant. D’autres retours d’expérience ?

  2. Wait and see;). Depuis plus de dix je suis l’ évolution des TIC. Alors est il plus approprié pour une entreprise de disposer d’une page Facebook pour établir une stratégie marketing ou d’un site ?Comme je l’ai signalé sur un autre site , je pense à mon humble avis que Facebook est pour le moment un réseau social plus amical que professionnel. Je ne dis pas qu’il ne faut pas y être présent mais disposer d’un site internet est pour moi la meilleurs façon d’apporter une image professionnelle à vos prospects ou clients. Je suis allé la semaine dernière au salon e-commerce de Paris, et pour le moment, je dis bien pour le moment les professionnels du secteur dispose tous d’un site Internet. Pour conclure l’important sur la toile consiste à être vu. Alors autant être sur le maximum de supports (Site, blog, réseaux sociaux familiaux ou professionnels ) en ligne . Toujours en restant concentré sur le coeur de métier de votre activité. Google numéro un des moteurs de recherche indexera tous les liens montrant que vous êtes un professionnel actif (demandez à Pinguin et Panda).

  3. Le cas des PME et TPE versus les grandes entreprises est intéressant à plusieurs niveaux :

    – les investissements sont réduits et il est important de choisir le bon support. Idem pour la simplicité d’administration. Je vais dans le sens de Nicolas : un site + des présences pertinentes sur les bonnes plateformes (et qui évoluent avec les usages) sont à privilégier.
    – le ticket média pour ceux qui voudraient se lancer est bien plus abordable. Grâce aux options de targeting très poussées de la plateforme, n’importe quel entrepreneur peut se lancer dans « la publicité ».
    – Facebook représente une réelle plateforme de conversation avec ses clients (car un petit nombre de fans), là où les grosses pages aux milliers ou millions de fans se transforment en simple outil de propagation ou FAQ améliorés.

    Mais le vrai potentiel de Facebook, pour les grosses boites comme pour les plus petites, n’est pas dans Facebook même (comprendre sur les pages) mais bel et bien sur leurs propres sites corporate, eCommerce ou produits qui utilisent le protocole Open Graph ! Interactions spontanées, récolte de données ultra-qualifiées, personnalisation de l’expérience digitale, l’Open Graph représente la vraie manne « marketing » pour les entreprises.
    Les fournisseurs de solutions « clé en main » pour les PME vont devoir l’intégrer ou disparaître.

  4. Merci Jean-Christophe pour la mention 🙂

  5. Si le titre peut « énerver », la réflexion est pour le moins intéressante. Quand bien même elle serait prématurée, elle mérite d’être posée.

    Ce qui me gène avec les pages Facebook (et Facebook plus généralement) :
    – Faire le choix de la page Facebook nous lie à cet univers. Cela peut être certes intéressant mais il faut savoir accepter cette « dépendance ».
    – S’il faut être « connecté » sur Facebook pour accéder et interagir avec la page, c’est se priver d’une minorité certes mais d’une minorité quand même. Or en province, cela peut être la clientèle locale (sans vouloir caricaturer)
    – Même si cela permet une présence à moindre frais, dur de définir une véritable identité de marque.
    – Sans oublier le quid des contenus quand Facebook ou autre réseau social à la mode disparaitra ?
    – Tous les métiers se pretent-ils à avoir une page Facebook ? Je vois mal (et peut être à tord) ma femme avocate créer une page pour son cabinet. Il faut aussi que la cible de l’entreprise se trouve sur Facebook et que cela serve ses objectifs premiers.

    Globalement, je pense que le site traditionnel adossé à une ou plusieurs pages sur les différents réseaux sociaux reste le meilleur compromis à ce jour.

    Merci pour la réflexion en tous cas.

    • Merci pour ce commentaire Nicolas. Vous posez quelques questions pertinentes.

      – faire le choix de Facebook c’est aussi confier ses contenus à un tiers dont on ne connaît pas la durée de vie, vous le mentionnez. Je ne concevrais cela que dans le cas de contenus non persistants, ce qui est le cas pour les promos des commerçants, les offres saisonnières, etc. En aucun cas pour un catalogue ou un contenu pérenne dont on souhaite garantir la conservation dans le temps.

      – à la question sur la justesse de ce choix pour tous les métiers, je pense comme vous que certains ne s’y prêtent pas. Je m’intéresse particulièrement à la pertinence des réseaux en fonction de l’audience ciblée, et Facebook ne fonctionne pas vraiment dans une relation B2B alors que cela fonctionne bien en B2C. Le cas de l’avocat est entre les deux : probablement du B2C, mais je ne me vois pas poster des demandes et interactions à un avocat sur une page partagée …

      Votre conclusion va dans mon sens. A ce jour les réseaux, et Facebook en particulier, doivent être (encore) utilisés comme propagateurs et générateurs de trafic vers un site plus institutionnel. Néanmoins il y a un vrai intérêt pour la cible mentionnée dans l’article, et des usages naissants dont l’avenir nous dira s’ils étaient pertinents ??

  6. Intéressant mais je pense qu’il est un peu prématuré de parler de la fin de ce type de sites. Au pire le rythme de création ralentira… Je ne pense pas qu’une page Facebook puisse remplacer vraiment un site complet : même s’il est plus cher et plus complexe, il a une plus value…

    • En effet, et le titre se voulait volontairement provocateur, nous n’en sommes pas encore là. Il est intéressant néanmoins d’observer le virage pris et le fait que les réseaux sociaux commencent à avoir la reconnaissance des utilisateurs pros. J’aime bien l’idée de ralentissement du rythme, et je suis d’accord qu’une page n’offre pas toutes les fonctions d’un site. Néanmoins Facebook, comme Google+, travaillent et enrichissent petit à petit leur offre.

  7. hahahahaha !

    • Merci pour ce commentaire Roger, je ne vous cache pas que j’aurais apprécié un peu plus de … contenu ?

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