Dossier Curation : constituer et parcourir un référentiel de contenus 2/6

by Jean-Christophe Dichant

in Veille et curation

Dans ce deuxième article sur la curation, j’ai choisi de parler de la méthode que j’utilise pour agréger toutes les informations. En effet, sans un référentiel simple à utiliser et une méthode de gestion, la quantité de données est telle qu’il devient vite impossible de survivre.

Bibliothèque FRancois Mitterrand - Paris Dossier Curation - comment rassembler les sources d'information

Du volume à la pertinence … (illustration TdV)

Dans un premier article, je décrivais l’intérêt de pratiquer la curation de contenus dans le but d’aller à la découverte d’informations pertinentes et surtout de les partager après en avoir validé l’intérêt. Voici donc comment je procède pour cataloguer et classer les informations recueillies.

Agréger les sources de contenus – Google Reader et Byline

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai 148 sources d’informations différentes (sites, blogs et recherches) dans ma liste de contenus à parcourir quotidiennement. Inutile de dire que je suis incapable de balayer cette masse d’information sans avoir élaboré un plan précis et mis en œuvre une méthode de travail. J’ai fait le choix d’un outil de fédération unique, et c’est Google Reader qui s’est imposé. Reader est simple, efficace, ouvert et gratuit.

Je ne vous ferai pas un cours complet sur l’utilisation de Google Reader, ce n’est pas le but ici, je vous propose de suivre cette vidéo de présentation qui vous dit tout en quelques minutes :

Image de prévisualisation YouTube

Tutoriel vidéo : Google Reader, un agrégateur de flux pour optimiser sa veille

J’ai fait le choix de Google Reader car Google a eu la bonne idée d’ouvrir son agrégateur RSS au monde extérieur, et je peux accéder sans aucun souci à ma base de contenus depuis mon iPad et mon iPhone. J’ai installé l’application Byline (2.39 euros sur l’AppStore) elle-aussi simple, efficace et abordable. Ainsi je suis capable d’accéder à tout moment à mon référentiel de contenus, les sujets lus sont automatiquement mis à jour dans Reader et le contenu est stocké en cache par Byline, ce qui s’avère pratique lorsque je n’ai pas de connexion (train ou avion par exemple).

Plan de classement, une étape indispensable

exemple de plan de classement des abonnements dans Google Reader

Avec autant de sources et de sujets différents, il était impensable de ne pas gérer un plan de classement des contenus. Google Reader permet la gestion de dossiers, j’ai testé et adopté. Toute source d’information dans ma base est automatiquement classée dans un dossier, par types de sujets.

Autre avantage de ce plan de classement, c’est la possibilité qu’il m’offre de pratiquer une lecture partielle. Quand j’ai quelques minutes à occuper dans la journée (ça arrive …), je parcours les contenus professionnels de la journée. Quand j’ai une soirée calme (ça arrive moins …), je m’intéresse de plus près au monde de la photo.

Evolution du plan de classement

Ma liste de références n’est pas figée. J’en ajoute, j’en retire en fonction de l’évolution de mes besoins et de l’intérêt porté à chacun des abonnements. Petit à petit j’arrive à identifier très vite les sites potentiellement intéressants et ceux qui ont peu de chance de le devenir. C’est un des apports de la curation que d’aiguiser son œil et son cerveau pour se consacrer à l’essentiel, pour aller droit au but. Je me rends compte avec le recul que j’arrive à discerner très vite un site qui m’apporte quelque chose et dont j’aurai plaisir à partager les contenus d’un autre qui ne m’apporte pas grand-chose.

Ayant plutôt des capacités de synthèse que d’analyse, la pratique de la curation s’avère un bon exercice. Une autre bonne raison de pratiquer.

Parcourir les contenus et identifier les sujets d’intérêt

Google Reader propose une navigation rapide au sein des contenus à l’aide des deux touches clavier J et K. La première permet de passer d’un article à l’article suivant, la seconde fait l’inverse. Je n’utilise que ces deux touches. Elles me permettent de déconnecter mon œil du clavier pour ne plus être concentré que sur les contenus qui défilent. Complètement focalisé sur les titres des publications je peux alors parcourir des centaines d’articles en quelques minutes. J’avoue avoir eu du mal au début mais avec l’expérience et grâce à une pratique régulière, j’arrive à identifier au premier coup d’œil les articles prometteurs des autres.

Bien évidemment, à cette cadence, je ne lis pas les articles. Je pratique plutôt une sorte de lecture en diagonale rapide qui me permet de décider si l’article vaut le coup d’être lu ou pas. Si c’est oui, Google Reader offre des fonctions avancées de partage vers les services comme Pocket ou Buffer. Je vous en dirai plus dans un prochain article sur ces fonctions.

En procédant de la sorte, je passe en revue quotidiennement un peu plus de 400 articles différents, desquels je ne garde que 3 ou 4 articles pertinents en moyenne.

Conclusion

Au-delà de l’aspect pratique qui consiste à extraire le meilleur d’un référentiel de contenus conséquent, la méthode de curation décrite ici me permet de développer des capacités personnelles d’analyse et de connaissance du marché. Il existe probablement de meilleures façons de faire, de meilleurs outils, des services plus adaptés (je traiterai de Scoop.It prochainement) mais cette méthode simple a le mérite de fonctionner et de répondre à mes besoins.

Cette approche me permet de rester au contact de l’actualité sur chacun des sujets qui m’intéressent au quotidien, et de préparer le partage en retour des informations les plus pertinentes. La méthode de partage que j’utilise fera l’objet d’un prochain article, et si vous avez manqué le début de ce dossier, je vous engage vivement à lire « Dossier Curation : comment identifier les sources d’information pertinentes – 1/6« .

Une question pour finir, vous avez votre propre méthode, vous utilisez d’autres outils, quelles sont vos remarques ?

Lire la suite du dossier Google Reader, des outils au service de la productivité 3/6

{ 4 comments… read them below or add one }

Sigolene 14 mars 2013 à 10:30

Google annonce la fin de reader dans 4 mois. Avez vous songé a une alternative?
C’est un peu la panique depuis cette annonce, car toute la veille de notre service documentaire est basée sur cet outil…

Répondre

Jean-Christophe Dichant 14 mars 2013 à 11:57

J’ai également appris la nouvelle ce matin. C’est effectivement une annonce qui pose problème car au-delà de Reader en lui même ce sont de nombreuses applications qui sont impactées. J’utilise Byline sur iPad par exemple, qui est synchronisée avec mon Reader.
Je n’ai pas d’alternative encore, les pages type Netvibes ne proposent qu’une partie du service de Reader mais peuvent faire office d’aggrégateur. Il y a d’autres services comme Scoop.It qui peuvent eux-aussi intégrer des flux RSS mais avec moins de facilité. Le plus prometteur actuellement semble être Feedly que je vais tester dans les prochains jours.
Néanmoins nous avons un peu de temps devant nous pour trouver une solution, je ne doute pas que certains services existants ne saisissent cette opportunité pour proposer une alternative crédible.
Je vais donc … veiller sur ce sujet ;)

Répondre

Patrick Lombaert 10 octobre 2012 à 19:31

Salut,

avec de la pratique/expérience, combien de temps de prends la lecture diagonale de centaines d’articles pour n’en garder que quelques-uns au final ?

Dans mes études de droits, j’étais abonné au Monde et il est bien évident que lire l’intégralité du quotidien pendant les transports m’était impossible : les profs conseillaient alors de parcourir tout le journal en ne lisant que les titres, ce qui permettait de ne garder que les quelques articles a priori intéressant.
Se focaliser uniquement sur les titres n’accélèrerait-il pas le processus lorsqu’on survole plusieurs centaines d’articles du web ?

Répondre

Jean-Christophe Dichant 10 octobre 2012 à 23:05

En fait j’ai plusieurs niveaux de lecture selon les sujets et mes besoins.
Pour les sources photo par exemple, je sais exactement ce que je cherche et je me base uniquement sur les titres. Je dois dire que je connais précisément ce que chaque site publie, ce qui m’aide à faire le tri visuel. Nom du site + titre, ça va super vite.
Pour le web, je suis plutôt en recherche d’innovations et de bonnes pratiques et je suis plus attentif au chapeau en sus du titre. L’accroche est fondamentale et d’ailleurs je m’efforce de faire de même dans mes articles.
En moyenne, tous sujets confondus, et sans avoir jamais vraiment mesuré, je ne passe guère plus de 15mns pour balayer 400 articles, ce qui est sensiblement mon flux quotidien. Ce temps là inclut les temps d’arrêt pour aller plus loin sur quelques articles, plus le temps de les renvoyer sur mes services de lecture ultérieure, et quelques tweets.
Pour ce qui est du timing, il est rare que je balaye tous les sujets d’un coup. Je regroupe par thématiques, et je parcours par exemple les sujets web lors d’une pause en journée, et les sujets photos en soirée. L’avantage de cette technique est qu’il est possible d’y consacrer quelques minutes chaque fois que possible sans être forcé de prévoir un créneau fixe. Je reconnais utiliser également beaucoup la mobilité, en cela l’application Byline citée m’aide énormément. Google Reader permet la synchro des sujets lus, c’est aussi très pratique pour revenir à différents moments depuis des postes de travail/applis mobiles différents et de retrouver l’état dans lequel on a laissé son référentiel précédemment.

Répondre

Laisser un commentaire

{ 2 trackbacks }

Previous post:

Next post: